Le Top 10 des pays les plus restrictifs en matière de censure sur Internet

Nous vivons à l’ère de l’internet, où en théorie, tous les individus (ou du moins une grande majorité) devraient bénéficier d’un accès facile au monde en ligne. Cette connectivité devrait permettre une communication et des interactions aisées via les diverses plateformes offertes par le web : réseaux sociaux, emails, etc. L’accès à l’information devrait être illimité, reflétant l’influence considérable d’internet sur les enjeux mondiaux. De plus, le cyberespace en constante évolution devrait faciliter l’intégration, le commerce, les loisirs et bien d’autres activités.

Dans une large mesure, cette réalité est effective dans les pays développés et certaines nations en développement. Cependant, il est choquant de constater que même à l’ère du numérique, la censure persiste sous diverses formes, souvent imposée par les autorités gouvernementales. Ces régimes répressifs ont recours à la censure pour étendre leur contrôle idéologique et politique en bridant la libre circulation de l’information sur leur territoire.

Cet article dresse la liste de certains pays appliquant les censures internet les plus strictes. Notre objectif est de vous informer afin que vous puissiez, dans la mesure du possible, éviter de vous y rendre. Mais si c’est inévitable, nous vous proposerons des moyens pour contourner ces restrictions.

Voici le classement des pays où la censure d’Internet perdure

  1. Le Turkménistan
  2. La Corée du Nord
  3. La Chine
  4. L’Érythrée
  5. L’Arabie Saoudite
  6. Le Vietnam
  7. L’Iran
  8. La Syrie
  9. L’Égypte
  10. Cuba

Méthodes employées pour restreindre l’accès à l’internet

Les gouvernements utilisent diverses méthodes pour limiter l’accès à internet. On peut les regrouper en deux grandes catégories :

Restriction totale de l’accès

Cette mesure extrême n’est appliquée que par les régimes les plus répressifs. Les autorités empêchent alors une grande partie de la population d’accéder à internet. Seul un accès restreint et censuré est permis à certains citoyens. Le contenu disponible est limité à ce qui est approuvé par le gouvernement, bridant considérablement la liberté d’information.

Filtrage sélectif du contenu

Dans d’autres cas, le gouvernement bloque certains sites web spécifiques sur son territoire. Les autorités peuvent aussi mettre en place des systèmes automatisés pour identifier et supprimer les contenus jugés non approuvés, souvent en se basant sur des algorithmes détectant des mots-clés interdits. Plus rarement, un contrôle manuel du contenu est réalisé.

Bien que décidées par les autorités, ces restrictions sont techniquement mises en œuvre par les fournisseurs d’accès internet (FAI), notamment via :

  • Le blocage d’adresses IP : cela affecte tous les sites hébergés sur un même serveur, même inoffensifs.
  • Le déréférencement de pages web des moteurs de recherche, les rendant difficiles d’accès.
  • Le filtrage d’URLs contenant des mots-clés sensibles.

Voici une liste des pays appliquant les censures internet les plus sévères, qui vont généralement de pair avec d’autres restrictions des libertés individuelles.

Le Turkménistan

Censure Internet Turkménistan

Ce petit pays d’Asie centrale, entouré par l’Iran, l’Irak et l’Ouzbékistan – régimes tout aussi oppressifs – vous est probablement inconnu. Mais c’est malheureusement à travers le prisme de sa censure draconienne que vous faites sa connaissance.

Alors que ses voisins imposent des restrictions légères, le Turkménistan applique un bâillonnement total d’internet. Depuis 2001, le gouvernement détient le monopole sur le seul fournisseur d’accès, lui permettant un contrôle massif du cyberespace. Les populaires réseaux sociaux comme Twitter, Facebook et Instagram sont bloqués.

Qui plus est, le pays surveille de près le trafic internet de ses citoyens, n’hésitant pas à fouiller le contenu de leurs emails.

La liberté de la presse et l’indépendance des médias sont des notions illusoires. Les opinions doivent se conformer strictement aux normes dictées par le pouvoir, sous peine de potentielles « disparitions ». Cette dérive quasi totalitaire du régime est régulièrement dénoncée par les médias internationaux et organisations comme l’ONU.

La Corée du Nord

censure internet corée du nord

Arrivant juste après le Turkménistan dans les classements, la Corée du Nord applique une censure d’internet tout aussi sévère, voire plus répressive encore. Cela ne surprend guère au vu du mépris affiché pendant des décennies par le régime envers les normes internationales de liberté de presse. Toute influence extérieure est férocement bloquée.

Seulement 4% des citoyens nord-coréens sont autorisés à accéder à internet, et ce sous une étroite surveillance et un contrôle draconien des autorités. Dans la même veine, à peine 7% utilisent un téléphone portable. Pour la grande majorité de la population, l’internet libre et ouvert tel que nous le connaissons est une notion totalement étrangère.

Le régime totalitaire exerce ainsi un cloisonnement quasi hermétique, privant ses citoyens de l’accès à l’information et aux échanges avec l’extérieur.

La Chine

censure internet chine

Avec sa population nombreuse et son attrait touristique de premier plan (140 millions de visiteurs par an), la censure d’internet n’est pas aussi draconienne en Chine que dans d’autres pays socialistes. Les citoyens ont un accès à internet et un accès limité aux réseaux sociaux.

Cela ne signifie pas pour autant une absence totale de contrôle. Le gouvernement garde un œil strict sur les contenus accessibles, surveillant le trafic, bloquant les adresses IP jugées offensantes et effaçant les pages web inappropriées selon ses critères.

Afin de favoriser les contenus pro-chinois, le régime propose des alternatives nationales aux grandes plateformes occidentales. Cela encourage l’innovation technologique dans le pays, mais au détriment de la liberté d’expression en ligne. Les opinions critiques envers le pouvoir sont censurées.

Ce contrôle s’appuie sur le puissant « Grand Pare-feu » chinois, un système de cryptage élaboré. Il bloque l’accès aux contenus restreints pour les utilisateurs étrangers comme pour les résidents. Son efficacité sert même de référence pour juger les fournisseurs de VPN.

La Chine conjugue ainsi une ouverture internet limitée avec des outils de censure parmi les plus sophistiqués au monde.

Il est d’ailleurs l’un des seul pays où Google n’est pas leader du marché. Découvrez en plus dans notre article consacré aux classements des moteurs de recherches et aux navigateurs les plus utilisées dans le monde.

L’Érythrée

censure internet erythrée

L’Érythrée est le premier pays africain à figurer sur cette liste, ce qui peut surprendre. Cette petite nation méconnue, dernière à avoir accédé à l’indépendance sur le continent, suscitait peut-être l’espoir d’être un phare de démocratie. Las, elle réprime sévèrement les libertés de presse et d’internet.

Le régime s’acharne régulièrement sur les journalistes exprimant des opinions divergentes. Une situation si préoccupante que les médias internationaux n’y envoient quasiment plus de reporters. En 2015, pas moins de 24 journalistes ont été emprisonnés sans inculpation.

Concernant internet, les restrictions sont aussi draconiennes. Les connexions sont très lentes, entravant la libre circulation de l’information. Tous les médias indépendants ont été fermés en 2001. Avec un accès online quasi inexistant, les citoyens doivent se rabattre sur des cybercafés notoirement lents, bondés, et où le gouvernement peut aisément surveiller leurs activités.

Loin d’être un exemple de liberté, l’Érythrée exerce donc un contrôle draconien sur les flux d’informations, bâillonnant la presse et bridant l’internet.

L’Arabie Saoudite

censure internet arabie saoudite

Ce pays du Moyen-Orient a la triste réputation de réprimer sévèrement la liberté de presse. Blogueurs et propriétaires de sites web sont régulièrement pourchassés et emprisonnés.

Pour mieux contrôler l’espace en ligne, le gouvernement exige que ces acteurs obtiennent une licence délivrée par le ministère de la Culture. Un prétexte supplémentaire pour contrôler les contenus diffusés. Une fois enregistrés, les blogs doivent se plier aux règles édictées par les autorités, sous peine de se voir retirer leur licence et fermés.

La cybersurveillance est omniprésente. L’utilisation de VPN ou d’autres outils pour contourner la censure est fortement désapprouvée. Leur usage vous expose à des coupures intempestives de connexion, voire à des poursuites et l’emprisonnement si les autorités le découvrent. De lourdes sanctions vous menacent également si un contenu non autorisé est retracé jusqu’à vous.

En somme, naviguer sur internet en Arabie Saoudite relève d’une véritable expérience kafkaïenne, constamment sous la menace du contrôle étatique le plus strict.

Le Vietnam

censure internet vietnam

La censure d’internet est draconienne au Vietnam, où le gouvernement contrôle également la presse écrite et les médias audiovisuels. Une loi intègre directement les médias au sein de l’appareil d’État, les obligeant à n’être que la voix du régime et de ses politiques, sous peine de sévères sanctions.

Les autorités censurent régulièrement les blogs et réseaux sociaux. Certains sujets jugés sensibles, comme la défense des droits humains ou le soutien à l’opposition politique, sont strictement réglementés et réprimés. Un arsenal législatif est régulièrement renforcé à cette fin.

La dernière loi sur la cybersécurité, entrée en vigueur en 2019, durcit encore le contrôle des réseaux sociaux. Elle a notamment créé la « Force 47 », une unité aux allures militaires chargée de traquer et réprimer les « opinions erronées » en ligne.

Le régime vietnamien exerce ainsi une surveillance et une répression systématiques sur l’espace numérique, étouffant toute voix dissidente ou critique.

L’Iran

censure internet iran

L’Iran est un autre pays où l’espace internet fait l’objet de lourdes restrictions, influencées par le poids de la religion et les troubles politiques récurrents. Le gouvernement invoque régulièrement la nécessité d’apaiser les tensions pour justifier sa censure.

Comme en Arabie Saoudite, les blogueurs, webmasters et autres médias doivent s’enregistrer auprès des autorités et sont étroitement surveillés par le ministère de la Culture. Toute publication jugée enfreindre les règles édictées est sévèrement sanctionnée.

Cette répression s’étend aux simples utilisateurs individuels d’internet. Si le système de surveillance iranien est moins sophistiqué que celui de la Chine, il n’en reste pas moins draconien. Des journalistes ont été menacés, certains emprisonnés, pour avoir publié des articles considérés offensants par le régime.

Sous couvert de maintien de l’ordre et de respect des valeurs religieuses, l’Iran exerce donc un contrôle strict sur l’espace numérique et la libre expression en ligne.

La Syrie

censure internet syrie

La Syrie dispose d’un système de contrôle d’internet élaboré et quasi-totalitaire pour ses citoyens. L’accès n’est pas généralisé, obligeant une grande partie de la population à se rabattre sur les cybercafés, eux-mêmes étroitement encadrés par le régime.

La législation impose en effet à ces établissements de s’enregistrer auprès des autorités et de se livrer à des activités d’espionnage pour leur compte. Ils doivent tenir des registres détaillés sur les activités en ligne de leurs clients (horaires, sites visités, etc.) que les services consultent régulièrement. Toute utilisation jugée illégale est sévèrement réprimée, pouvant aller jusqu’à la peine de mort.

La répression contre dissidents et voix discordantes est monnaie courante. Le pouvoir n’hésite pas à couper purement et simplement l’accès à internet sans autre alternative pour la population. Cette dérive autoritaire a valu au pays d’être régulièrement désigné « Ennemi de l’internet » par les ONG internationales.

La Syrie applique donc un contrôle quasi-total et une surveillance sans failles de l’espace numérique, dans un climat de répression permanente.

L’Égypte

censure internet cuba - Le journal Du Marketing

L’Égypte, célèbre destination touristique pour ses paysages sublimes et ses sites antiques, est le deuxième pays africain à figurer sur cette liste peu glorieuse de la censure d’internet. Un aspect méconnu du pays aux lourdes conséquences.

Certains sites sont bloqués par les autorités, comme le réseau d’information Al Jazeera. Et l’utilisation d’un VPN pour les contourner vous expose à de sérieux risques. Si le gouvernement découvre que vous accédez à ces contenus censurés, vous risquez tout simplement la prison, de quelques mois à un an, ainsi que de lourdes amendes. Une législation qui s’applique aussi bien aux citoyens qu’aux touristes.

Le régime n’hésite pas non plus à fermer ponctuellement les réseaux sociaux, notamment en périodes de troubles et de contestation populaire pour tenter d’étouffer les mouvements de protestation.

Derrière ses façades de hauts lieux touristiques, l’Égypte exerce donc une censure d’internet musclée, n’hésitant pas à recourir à l’arme judiciaire pour faire taire toute voix discordante.

Cuba

censure internet cuba

S’il a réalisé quelques progrès récents comme le déploiement de hotspots wifi publics, Cuba reste un pays où l’accès à internet est très contrôlé par le gouvernement.

Une loi encadre strictement les contenus des médias écrits et en ligne, qui doivent se conformer aux directives officielles. La liberté de ton est donc fortement bridée.

Surtout, le coût très élevé des connexions internet limite considérablement l’accès de la population. Même pour ceux qui en ont les moyens financiers, la libre navigation est restreinte par la censure gouvernementale.

Malgré quelques ouvertures de façade, le régime cubain maintient donc un contrôle étroit sur l’espace numérique et la circulation de l’information en ligne sur son territoire.

    Comment rester en sécurité dans ces pays à internet censuré ?

    La meilleure option serait évidemment d’éviter de s’y rendre. Mais ce n’est pas toujours possible ou souhaitable, que ce soit pour motifs professionnels ou pour découvrir leurs incontestables attraits touristiques. Une parade existe alors : utiliser un VPN.

    Un VPN (Virtual Private Network) est une application conçue pour sécuriser votre connexion internet et contourner les restrictions géographiques. Outre un accès libre au web mondial, il offre d’autres avantages comme la possibilité de débloquer des plateformes de streaming.

    En conclusion, cette liste recense les pays appliquant la censure la plus sévère sur internet. Une donnée à prendre en compte si vous projetez de vous y rendre ou d’y vivre. Avec l’usage d’un VPN, vous pourrez toutefois vous protéger et profiter d’une navigation en ligne libre et sécurisée, même dans ces contrées hostiles à la liberté numérique.

    Source : Reporters Sans Frontières

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